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title: Les facteurs de rendement expliqués | DDEL
description: "Marché, taille, prix, profitabilité : ce que cinquante ans de recherche nous apprennent sur les sources de rendement des actions."
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# Les facteurs de rendement expliqués

Pourquoi certaines actions rapportent-elles, en moyenne, davantage que d’autres ? Cinquante ans de recherche académique ont identifié quelques grandes sources de rendement. Les comprendre permet de construire un portefeuille plus robuste, sans chercher à prédire les marchés.

DDEL Portfolio Solution · 9 min de lecture

**L’essentiel**

- Au-delà du marché lui-même, la recherche a mis en évidence trois primes de rendement : la **taille**, le **prix** (« value ») et la **profitabilité**.
- Ces primes sont robustes, mais pas constantes dans le temps : chacune peut décevoir plusieurs années de suite. C’est pourquoi il vaut mieux les combiner et garder le cap sur le long terme.
- Chez DDEL, nous les intégrons dans une gestion passive « multi-facteurs », très diversifiée et peu coûteuse.

## Au départ, un seul facteur : le marché

Dans les années 1960, le modèle d’évaluation des actifs financiers (CAPM), développé notamment par William Sharpe, propose une explication élégante : le rendement espéré d’une action dépend d’un seul facteur, sa sensibilité aux mouvements du marché dans son ensemble. Plus une action est exposée au risque de marché, plus son rendement espéré est élevé.

Cette première « prime » est la plus intuitive : sur le long terme, les actions ont nettement mieux rémunéré l’investisseur que les obligations ou l’épargne, en contrepartie de fluctuations bien plus fortes. Mais le modèle à un facteur laisse une partie des écarts de rendement inexpliquée. Les chercheurs vont donc chercher d’autres pistes.

## Trois découvertes majeures

À partir des années 1980, plusieurs travaux montrent que certaines caractéristiques des sociétés expliquent une part importante des différences de rendement entre actions :

1. **1964William Sharpe.** Le modèle d’évaluation des actifs financiers (CAPM) : un seul facteur, le marché.
2. **1970Eugene Fama.** L’hypothèse des marchés efficients : les prix intègrent rapidement l’information disponible.
3. **1981Rolf Banz.** L’effet taille : les petites sociétés ont historiquement rapporté davantage que les grandes.
4. **1992–1993Fama et French.** Le modèle à trois facteurs : marché, taille et prix (« value »).
5. **2013Robert Novy-Marx.** La profitabilité : les sociétés plus rentables ont tendance à rapporter davantage. Eugene Fama reçoit la même année le prix Nobel d’économie.
6. **2015Fama et French.** Le modèle à cinq facteurs, qui ajoute la profitabilité et l’investissement.

Il en ressort une grille de lecture que l’on résume souvent par quatre dimensions du rendement espéré des actions :

**Marché**Les actions sont plus risquées que les obligations, mais offrent un rendement espéré plus élevé.

**Taille**Les petites sociétés ont un rendement espéré plus élevé que les grandes.

**Prix (« value »)**Les sociétés décotées par rapport à leurs fondamentaux ont un rendement espéré plus élevé que les sociétés de croissance (« growth »).

**Profitabilité**Les sociétés plus rentables ont un rendement espéré plus élevé que les sociétés peu rentables.

## Pourquoi ces primes existent-elles ?

Le prix d’une action reflète les flux de trésorerie que l’on en attend, actualisés à un certain taux : le rendement espéré par les investisseurs. Deux sociétés qui promettent les mêmes bénéfices futurs mais dont l’une se négocie nettement moins cher n’offrent donc pas le même rendement espéré : la moins chère rapporte davantage, en moyenne. C’est la logique de la prime « value ».

Le même raisonnement éclaire la profitabilité : à prix égal, une société qui génère plus de bénéfices offre un rendement espéré plus élevé. Quant aux petites sociétés, elles sont en moyenne plus risquées et moins liquides, ce qui peut justifier une rémunération supplémentaire.

Les chercheurs débattent encore de la part qui revient au risque et de celle qui tient au comportement des investisseurs. Mais pour l’investisseur de long terme, l’essentiel est ailleurs : ces primes reposent sur une logique économique solide et ont été observées sur de très longues périodes, dans de nombreux pays.

### Rendements annualisés de 1985 à 2025

Rendements annualisés de 1985 à 2025 : actions small cap 9,74 %, value 9,49 %, mondiales 8,80 %, obligations court terme 4,62 %, compte épargne 3,04 %, inflation belge 2,31 %Rendement annualisé1 € de 1985 devient…Actions « small cap »Actions « small cap » : 9,74 % par an9,74 %40 €Actions « value »Actions « value » : 9,49 % par an9,49 %38 €Actions mondialesActions mondiales : 8,80 % par an8,80 %29 €Obligations court termeObligations court terme : 4,62 % par an4,62 %6 €Compte épargneCompte épargne : 3,04 % par an3,04 %3 €Inflation belgeInflation belge : 2,31 % par an2,31 %2 €

Rendements annualisés sur la période 1985–2025 et valeur atteinte par 1 € investi au départ (arrondie). Données : DDEL, voir le détail et les sources dans nos mentions légales. Les performances passées n’offrent aucune garantie pour les performances futures.

Sur les quarante dernières années, les actions de petites sociétés et les actions « value » ont ainsi rapporté chaque année un peu moins d’un point de pourcentage de plus que le marché mondial des actions. Grâce aux intérêts composés, cet écart modeste se traduit, sur une vie d’investisseur, par une différence considérable.

## Des primes réelles, mais irrégulières

Il serait trompeur de présenter ces primes comme des rendements garantis. Elles sont volatiles et peuvent rester négatives pendant de longues périodes. Selon une analyse de Dimensional Fund Advisors portant sur le marché américain depuis 1963, au moins une des quatre primes (marché, taille, prix, profitabilité) a été négative dans près de la moitié des périodes de dix ans. En revanche, aucune période de dix ans n’a vu trois ou quatre primes négatives en même temps.

Les données de long terme vont dans le même sens. Sur le marché américain, entre 1927 et 2023, les actions « value » ont battu les actions de croissance lors de 58 années sur 97, soit environ 60 % du temps, avec un rendement annuel moyen de 15,93 %, contre 11,86 % pour les actions de croissance. Autrement dit : la prime a souvent fait défaut sur une année donnée, mais elle a été bien rémunérée sur la durée.

Surtout, ce constat ne se limite pas aux États-Unis. Les données de Dimensional montrent le même schéma dans les pays développés hors États-Unis et dans les pays émergents : plus l’horizon de placement est long, plus la probabilité d’avoir récolté chacune des primes est élevée.

### À quelle fréquence les primes ont-elles été positives ?

Part des périodes glissantes où chaque prime a été positive, selon la durée de placement. La barre foncée indique le score atteint dans chacune des trois grandes régions du monde (États-Unis, pays développés hors États-Unis, pays émergents) ; la teinte claire, la région la plus favorable.

Les actions battentles bons du Trésor américain (T-Bills)1 anLes actions battent les bons du Trésor américain (T-Bills), 1 an : 63–71 % selon la région63–71 %5 ansLes actions battent les bons du Trésor américain (T-Bills), 5 ans : 74–80 % selon la région74–80 %10 ansLes actions battent les bons du Trésor américain (T-Bills), 10 ans : 86–95 % selon la région86–95 %15 ansLes actions battent les bons du Trésor américain (T-Bills), 15 ans : 94–98 % selon la région94–98 %20 ansLes actions battent les bons du Trésor américain (T-Bills), 20 ans : 98–100 % selon la région98–100 %Les actions « value » battentles actions de croissance (« growth »)1 anLes actions « value » battent les actions de croissance (« growth »), 1 an : 59–68 % selon la région59–68 %5 ansLes actions « value » battent les actions de croissance (« growth »), 5 ans : 69–80 % selon la région69–80 %10 ansLes actions « value » battent les actions de croissance (« growth »), 10 ans : 72–86 % selon la région72–86 %15 ansLes actions « value » battent les actions de croissance (« growth »), 15 ans : 84–91 % selon la région84–91 %20 ansLes actions « value » battent les actions de croissance (« growth »), 20 ans : 93–100 % selon la région93–100 %Les « small caps » battentles « large caps »1 anLes « small caps » battent les « large caps », 1 an : 54–63 % selon la région54–63 %5 ansLes « small caps » battent les « large caps », 5 ans : 59–79 % selon la région59–79 %10 ansLes « small caps » battent les « large caps », 10 ans : 73–95 % selon la région73–95 %15 ansLes « small caps » battent les « large caps », 15 ans : 80–99 % selon la région80–99 %20 ansLes « small caps » battent les « large caps », 20 ans : 92–100 % selon la région92–100 %Les actions profitables battentles actions peu profitables1 anLes actions profitables battent les actions peu profitables, 1 an : 65–69 % selon la région65–69 %5 ansLes actions profitables battent les actions peu profitables, 5 ans : 83–88 % selon la région83–88 %10 ansLes actions profitables battent les actions peu profitables, 10 ans : 92–100 % selon la région92–100 %15 ansLes actions profitables battent les actions peu profitables, 15 ans : 98–100 % selon la région98–100 %20 ansLes actions profitables battent les actions peu profitables, 20 ans : 99–100 % selon la région99–100 %Atteint dans les trois régionsRégion la plus favorable

Source : Dimensional Fund Advisors (indices Fama/French et Dimensional, en USD), périodes glissantes jusqu’à fin 2025, données publiées par IFA. Les performances passées n’offrent aucune garantie pour les performances futures.

L’histoire de la prime « value » l’illustre bien. Fin mars 2000, au sommet de la bulle technologique, les actions de croissance avaient battu les actions « value » sur la plupart des périodes de un à vingt ans. Un an plus tard, la situation s’était complètement retournée : les actions « value » faisaient mieux sur toutes ces périodes.

> Combiner plusieurs primes et rester investi suffisamment longtemps augmente nettement les chances d’en récolter les fruits.

Deux enseignements en découlent. D’abord, il vaut mieux combiner plusieurs primes plutôt que parier sur une seule. Ensuite, la discipline est indispensable : abandonner une stratégie après quelques années décevantes revient souvent à en manquer le rebond.

## Ce que nous en retenons chez DDEL

Notre approche passive « multi-facteurs » ne cherche ni à sélectionner les meilleures actions ni à anticiper les marchés. Elle consiste à détenir l’ensemble du marché mondial, près de 14 000 sociétés cotées, tout en surpondérant les petites sociétés, les sociétés « value » et les sociétés les plus rentables. C’est ce que l’on appelle parfois la gestion « factorielle » ou « smart beta ».

Concrètement, nous privilégions :

- une **exposition intégrée** aux différentes primes au sein d’un même portefeuille, plutôt qu’une juxtaposition de fonds spécialisés ;
- une **diversification extrême**, qui évite toute concentration sur quelques titres ou un seul pays ;
- des **frais réduits** et une rotation limitée, car une prime de quelques dixièmes de pour cent peut vite être absorbée par les coûts ;
- la **discipline**, grâce à un rééquilibrage systématique et à une vision de long terme.

Pourquoi ne pas simplement acheter un fonds indiciel ? Parce qu’un indice pondéré par la capitalisation boursière n’est pas conçu pour capter ces primes, et que sa réplication mécanique a ses propres coûts. Nous y reviendrons en détail dans un prochain article, consacré aux limites de la gestion indicielle.

Les facteurs de rendement ne sont pas une recette miracle. Ils offrent une manière rationnelle, fondée sur la recherche, de mettre les probabilités de son côté sur le long terme.

**Pour aller plus loin**[Qu’est-ce que la gestion factorielle ou Smart Beta ?→](https://www.ddel.be/faq?hsLang=fr#question-13)[Gestion passive et gestion indicielle : quelle est la différence ?→](https://www.ddel.be/faq?hsLang=fr#question-11)[Qu’est-ce que le rééquilibrage d’un portefeuille ?→](https://www.ddel.be/faq?hsLang=fr#question-21)[Quel est l’impact des frais sur la performance à long terme ?→](https://www.ddel.be/faq?hsLang=fr#question-55)

**Sources :** Fama et French (1993, 2015) ; Novy-Marx (2013) ; Dimensional Fund Advisors (2023, 2024).

Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées n’offrent aucune garantie pour les performances futures.

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