Comportement
Que faire quand les marchés chutent ?
Les baisses font partie de la vie des marchés. Ce qui coûte le plus cher à l’investisseur, c’est souvent moins la baisse elle-même que la façon d’y réagir.
- La bourse est une succession de hausses et de chutes : les baisses sont fréquentes, parfois brutales, mais les marchés ont toujours fini par se redresser sur longue période.
- Après les fortes baisses, les actions mondiales ont en moyenne nettement progressé au cours des années suivantes.
- Sortir du marché pour « attendre que ça passe » fait souvent rater les meilleures périodes, qui suivent de près les pires.
Une succession de hausses et de chutes
La bourse n’est qu’une succession de hausses et de chutes. Chaque décennie a connu ses tempêtes, et chacune a semblé, sur le moment, différente des précédentes. Pourtant, sur la durée, les marchés d’actions ont récompensé les investisseurs qui sont restés investis.
Évolution de 1 € investi en actions mondiales, de 1970 à 2025
Survolez ou touchez le graphique pour afficher la valeur à chaque date.
- Choc pétrolier (1974)
- Krach boursier (1987)
- Guerre du Golfe (1990)
- Crises asiatique et russe (1998)
- Bulle internet (2000)
- Attentats du 11 septembre (2001)
- Crise financière (2008)
- Crise de la zone euro (2011)
- Brexit (2016)
- Covid-19 (2020)
- Guerre en Ukraine (2022)
Les baisses sont pourtant fréquentes, même au cours des bonnes années. Depuis 1970, les actions mondiales ont reculé en moyenne d’environ 11 % à un moment ou à un autre de l’année, et progressé d’environ 20 % à un autre moment (mesures en fin de mois). Et pourtant, 40 années sur 56 se sont terminées en hausse.
Actions mondiales : hausses et baisses en cours d’année, et résultat de chaque année, 1970–2025
Survolez ou touchez le graphique pour afficher les chiffres de chaque année.
Une baisse en cours d’année n’annonce donc pas une mauvaise année : en 2020, les actions mondiales perdaient près de 20 % fin mars, avant de terminer l’année en hausse. Et après une baisse de plus de 10 %, elles ont rapporté en moyenne 9,1 % par an au cours des cinq années suivantes (MSCI World en euros, dividendes nets, valeurs de fin de mois, 1970–2025 ; source MSCI, calculs DDEL ; indice non investissable, hors frais).
Ces reculs ne sont pas des accidents, mais la contrepartie du rendement supérieur que les actions offrent à long terme ; nous l’avons vu à propos de la prime de marché. Et les reprises sont souvent plus rapides qu’on ne le pense. Plus la durée de placement s’allonge, plus la probabilité d’un rendement positif augmente, comme nous le montrons dans notre analyse Quel rendement attendre des marchés à long terme ?
Sortir du marché coûte cher
Face à une chute, la tentation est grande de vendre, quitte à revenir « quand les choses se seront calmées ». Le problème est que les meilleures périodes de bourse surviennent souvent au cœur des moments les plus agités, juste après les pires. Les rater coûte très cher.
Ce que coûte une courte absence du marché, de 2016 à 2025
Valeur fin 2025 de 100 000 € investis début 2016
Sur dix ans, 100 000 € investis dans les actions mondiales sont devenus 291 600 €. Il a suffi de rater la meilleure semaine pour perdre près de 36 000 €, soit près d’un cinquième de la plus-value, et les six meilleurs mois pour en perdre 42 %. Or toutes ces meilleures périodes se situent au printemps 2020, juste après le krach provoqué par la pandémie : précisément au moment où la tentation de sortir du marché était la plus forte. Le constat est le même sur plus longue période : aux États-Unis, rater les 25 meilleurs jours de bourse entre 1990 et 2025 aurait divisé le résultat final par cinq (S&P 500, en dollars, indice non investissable, hors frais). Personne ne sait à l’avance quand ces rebonds se produiront. La seule façon d’être sûr d’en profiter est de rester investi.
Le moment le plus dangereux pour un portefeuille est souvent celui où l’on décide de le quitter.
Et si l’on investit au plus haut ?
La crainte inverse est tout aussi répandue : faut-il attendre une correction avant d’investir quand la bourse bat des records ? Les chiffres invitent à la sérénité. De 1970 à 2025, les actions mondiales ont atteint un nouveau record près d’un mois sur quatre. Un an après un record, elles ont progressé de 10,1 % en moyenne, contre 10,2 % après n’importe quel autre mois ; sur cinq ans, de 8,3 % par an, contre 9,2 % (MSCI World en euros, dividendes nets, valeurs de fin de mois ; source MSCI, calculs DDEL ; indice non investissable, hors frais). Un record n’annonce donc pas une chute.
Ce que nous en retenons chez DDEL
Une baisse des marchés n’est pas le moment de construire une stratégie, mais celui de la suivre. C’est pourquoi nous préparons nos portefeuilles à traverser les tempêtes avant qu’elles ne surviennent :
- une diversification mondiale, qui évite de dépendre d’une seule région, d’un seul secteur ou de quelques titres ;
- une part d’obligations adaptée à votre horizon de placement et à votre capacité à supporter les fluctuations, pour amortir les chocs et financer les besoins à court terme ;
- un rééquilibrage discipliné : quand les actions ont baissé, nous en rachetons pour revenir à l’allocation prévue, ce qui revient à acheter quand les prix sont bas ;
- un dialogue régulier, pour vous aider à garder le cap lorsque l’actualité pousse à réagir.
Les marchés continueront de traverser des crises. La discipline, elle, reste l’un des rares facteurs de réussite que l’investisseur contrôle entièrement.
Sources : MSCI World Index, en euros, dividendes réinvestis. Toutes les données sont des rendements d’indices, non investissables et hors frais.
Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées n’offrent aucune garantie pour les performances futures.
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