Principes
Quel rendement attendre des marchés à long terme ?
Combien la bourse peut-elle rapporter sur la durée ? Les données de long terme donnent des ordres de grandeur utiles, à condition de bien les lire : en moyenne, après inflation, et en acceptant que le chemin soit irrégulier.
- Les actions rémunèrent le capital confié aux entreprises : sur longue période, leur rendement a nettement dépassé celui de l’épargne et l’inflation.
- Ce qui compte, c’est le rendement réel, après inflation. Et, grâce aux intérêts composés, quelques points de rendement par an font une énorme différence sur plusieurs décennies.
- D’une année à l’autre, le rendement est imprévisible ; c’est la durée de placement qui le rend plus fiable.
Pourquoi la bourse rapporte-t-elle ?
Acheter une action, c’est devenir copropriétaire d’une entreprise et participer à ses bénéfices futurs. Ces bénéfices sont incertains : une entreprise peut prospérer, stagner ou faire faillite. Pour accepter ce risque, les investisseurs exigent un rendement plus élevé que celui d’un placement sans risque. Les prix des actions s’ajustent en conséquence, de manière à offrir, en moyenne, ce rendement supplémentaire.
C’est ce qu’on appelle la prime de marché : l’écart de rendement espéré entre les actions et un placement sûr. Il ne s’agit pas d’une promesse, mais de la contrepartie du risque. Elle peut faire défaut pendant plusieurs années, mais, sur longue période, elle s’est manifestée dans la plupart des pays. Certaines catégories d’actions, comme les petites sociétés ou les actions « value », offrent en outre des primes supplémentaires, que nous détaillons dans notre analyse des facteurs de rendement.
Ce que les marchés ont rapporté
Sur quarante ans, l’écart est spectaculaire. Un euro investi début 1985 dans les actions mondiales valait 32 € fin 2025, soit 8,8 % par an. Placé sur un compte épargne, il valait 3,4 €, à peine plus que l’inflation, qui a multiplié les prix par 2,6.
Valeur fin 2025 de 1 € investi début 1985
Les actions des petites sociétés (« small cap ») et les actions décotées (« value ») ont fait mieux encore que le marché mondial : nous expliquons pourquoi dans notre analyse des facteurs de rendement. Le marché américain, qui offre près d’un siècle de recul, confirme cet ordre de grandeur : 10,4 % par an pour l’indice S&P 500 de 1926 à 2024, en dollars (indice non investissable, hors frais).
Une moyenne qui cache de fortes variations
Une moyenne de 10 % par an ne signifie pas 10 % chaque année. Sur les 99 années de 1926 à 2024, le marché américain n’a terminé que 6 fois à moins de deux points de sa moyenne. Il a progressé jusqu’à 54 % sur une année et reculé jusqu’à 43 %. Il a fini l’année en hausse 73 fois et en baisse 26 fois.
Évolution de 1 $ investi dans les actions américaines, de 1926 à 2025
Survolez ou touchez le graphique pour afficher la valeur à chaque date.
- 1Krach de 1929 et Grande Dépression (1929–1932)
- 2Seconde Guerre mondiale (1939–1945)
- 3Choc pétrolier (1973–1974)
- 4Bulle internet (2000–2002)
- 5Crise financière (2007–2009)
- 6Covid-19 (2020)
Malgré une crise majeure tous les dix ou vingt ans, 1 $ investi en 1926 valait environ 20 600 $ fin 2025. Les prix américains ayant été multipliés par 18 dans l’intervalle, cela représente encore 1 140 $ en pouvoir d’achat de 1926, soit un rendement réel d’environ 7,3 % par an.
C’est le prix à payer pour la prime de marché : si le rendement des actions était régulier, il ne serait pas plus élevé que celui de l’épargne. Avec le temps, ces écarts se compensent en grande partie. Nous retraçons l’évolution des actions mondiales depuis 1970, crise par crise, dans notre analyse Que faire quand les marchés chutent ?
Le rendement réel, celui qui compte
Un rendement n’a de sens qu’une fois l’inflation déduite : c’est le rendement réel, qui mesure l’évolution de votre pouvoir d’achat. De 1985 à 2025, l’inflation belge a atteint 2,31 % par an en moyenne. Une fois celle-ci déduite, les actions mondiales ont rapporté environ 6,3 % par an, contre 0,7 % pour le compte épargne.
L’inflation ne se voit pas sur un relevé de compte : le montant reste le même, mais il achète de moins en moins. À 2 % par an, le pouvoir d’achat d’une somme est divisé par deux en 35 ans ; à 3 %, en 23 ans.
Ce que l’on pouvait acheter avec 6 centimes d’euro
Laisser une épargne de long terme sur un compte d’épargne revient donc, au mieux, à préserver son pouvoir d’achat. Pour le faire croître, il faut accepter une part de risque. Et l’immobilier ? Le prix des maisons belges a progressé de 5,9 % par an sur la période, sans compter les loyers, ni les frais d’acquisition et d’entretien. Ses rendements obéissent à d’autres logiques, que nous comparerons aux actions dans une prochaine analyse.
La force des intérêts composés
Lorsque les revenus d’un placement sont réinvestis, ils produisent à leur tour des revenus : c’est l’effet des intérêts composés. Ses effets sont modestes au début, puis s’accélèrent avec le temps. Au rythme de 8,8 % par an, un capital double environ tous les huit ans. Commencer tôt compte donc presque autant que le rendement obtenu.
Ce que devient un montant investi à la naissance
À 8,8 % par an, 100 000 € investis à la naissance valent environ 824 000 € à 25 ans, 4,4 millions d’euros à 45 ans et 24 millions à 65 ans. En pouvoir d’achat d’aujourd’hui, ces 24 millions en représentent encore environ 5 : un résultat théorique, mais qui montre la puissance du temps. Le même raisonnement s’applique aux frais : un point de frais en plus chaque année réduit d’autant le rendement composé, et son effet s’accumule tout aussi fortement.
Ce que nous en retenons chez DDEL
Personne ne peut promettre un rendement. Notre rôle est de donner à votre portefeuille les meilleures chances de capter celui que les marchés offrent :
- en investissant dans les marchés du monde entier, pour ne dépendre ni d’un pays ni de quelques entreprises ;
- en privilégiant les sources de rendement documentées par la recherche, comme les primes de taille, de prix et de profitabilité ;
- en adaptant la part d’actions à votre horizon de placement et à votre capacité à supporter les fluctuations ;
- en maintenant des frais réduits et transparents, sans rétrocessions (voir notre tarification).
Le reste est affaire de temps et de discipline : deux alliés qui ne coûtent rien.
Sources : DDEL pour les rendements de 1985 à 2025 (détail dans nos mentions légales) ; S&P Dow Jones Indices et données de Robert Shiller (Yale University) pour le marché américain, calculs DDEL. Toutes les données de marché sont des rendements d’indices, non investissables et hors frais.
Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées n’offrent aucune garantie pour les performances futures.
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