Ces dernières semaines, l’incertitude et la volatilité ont vu se multiplier les articles de presse encourageant les investissements dans l’or: « Comment investir dans l’or ? », « L’investisseur se rue vers l’or », « L’or a retrouvé son statut de valeur refuge », etc.

L’investisseur qui a un plan à long terme sait qu’il ne doit pas se fier aux articles de presse pour être un investisseur à succès. Ceux-ci auront pour conséquence d’influencer ses émotions et de le détourner de son plan d’investissement par des prises de position à court terme.

Historiquement, l’or a souvent été considéré comme l’une de ces “alternatives” aux actions et aux obligations attirant davantage l’attention lorsque les perspectives semblent plus risquées. Doit-on pour autant considérer l’or comme une classe d’actif pertinente ?  Faut-il nécessairement investir dans l’or pour se protéger de mouvements boursiers imprévisibles ?

Une protection contre les chocs boursiers ?

En période d’incertitude géopolitique et économique évitons de croire que, au vu de son cadre historique et parce que l’or est tangible, il serait moins volatile et nécessairement plus protecteur qu’une autre classe d’actifs.

Indéniablement, à court terme, l’or peut jouer un certain rôle de protection quand survient un choc boursier. Encore faut-il l’acheter et le revendre au bon moment car, à long terme, détenir de l’or est moins rémunérateur que détenir un portefeuille d’actions mondialement diversifié. Malheureusement, en cas de choc boursier, trop souvent, l’investisseur émotif vend ses actions à la baisse pour acheter de l’or dont le prix s’envole… alors qu’il devrait faire l’inverse.

Un « investissement » peu rentable et purement spéculatif.

La finance moderne suggère que les composantes principales d’un portefeuille global et diversifié dégagent un rendement provenant d’un projet ou d’une valeur ajoutée entrepreneuriale. L’or ne produit rien et ne crée aucune croissance économique ; son utilisation industrielle et esthétique est limitée. Il n’a pas de flux de revenus prévus et donc pas de rendements attendus. L’or est juste un métal.

Avec les actions et les obligations, a des degrés divers, les investisseurs placent leurs liquidités dans l’économie du capital. L’argent qu’ils investissent aide les entreprises qui génèrent croissance et productivité..

Le graphe ci-dessous compare (en USD) depuis 1975 l’évolution du marché mondial des actions et l’évoluton des obligations de l’état américain avec le cours de l’or. Il n’est pas étonnant de voir l’or sous-performer ces classes d’actifs à long terme…  

Si on rétrecit la période d’analyse, il arrive que l’or surperforme les obligations voire même les actions lorsque la période analysée est courte et compte plusieurs crises boursières.

« Investir » dans l’or est purement spéculatif: vous espérez que son prix augmentera ou resistera, mais sans raisons objectives. Seul l’espoir que quelqu’un le paiera plus cher ultérieurement le rend séduisant. Vous y parviendrez peut-être à court terme mais à long terme, vous serez nécessarement perdant…

«  Stocks make money, bonds lower volatility and gold is a vehicle for speculators »

Eugène Fama (Prix Nobel d’économie)

Conclusion

L’investisseur à long terme discipliné ne réagit pas à la variance des marchés à court terme, en cherchant des “classes d’actifs” alternatives, soi-disant protectrices, il ne doit pas se laisser guider par ses émotions !

En cas de turbulences de marché, l’investisseur en actions sait que le rebond consécutif au choc boursier est puissant et qu’il ne sert à rien de vendre ses actions à prix bradé pour acheter de l’or dont le cours a déjà bien monté.