Pourquoi les marchés résistent aux conflits géopolitiques?
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À la même période l’an dernier, nous analysions la réaction des marchés aux tarifs douaniers instaurés par Donald Trump : une baisse marquée, suivie d’un rebond fulgurant. Un an plus tard, l’actualité nous confronte à de nouvelles tensions initiées par le président américain, cette fois dans le cadre d’attaques contre le régime iranien.
Le conflit en cours en Iran suscite naturellement de vives inquiétudes. Le risque d’escalade est réel, et ses conséquences potentielles sur l’économie mondiale sont faciles à imaginer. La hausse rapide des prix de l’énergie en constitue déjà une manifestation concrète.
Dans ce contexte, la réaction négative des marchés n’a rien de surprenant. Et il est parfaitement légitime de s’interroger : combien de temps le conflit durera-t-il ? Va-t-il s’étendre ? Quel sera le rôle des grandes puissances ? Quelles seront les conséquences sur le commerce mondial ?
Personne ne connait la réponse à ces questions. Le futur a la fâcheuse tendance à être imprévisible. Heureusement, le passé nous permet de mettre le contexte actuel en perspective.
Malgré cet environnement incertain, le portefeuille de nos clients fait preuve de résilience, le fonds "actions mondiales" terminant le trimestre à +2.3%. La diversification mise en place dans nos portefeuilles joue donc pleinement son rôle.
Les conflits armés ne représentent malheureusement rien d’inédit pour les marchés financiers ; au contraire, ils sont assez courants. En analysant plus de cent ans de données, nous pouvons évaluer leur impact à court et moyen terme sur les actions.
Le tableau ci-dessous offre à ce titre une perspective éclairante sur le sujet.

Une conclusion s’impose : aucune tendance claire ne se dégage à court terme. On constate toutefois que dans près de 80% des cas, le marché est en hausse dans les six mois suivant le début d’un conflit.
Un autre point essentiel est que les variations du marché ne résultent pas uniquement des conflits eux-mêmes, le contexte joue un rôle déterminant. Par exemple, la seule performance négative observée trois ans après un conflit correspond à la guerre du Kosovo. Mais elle s’explique davantage par l’éclatement de la bulle internet que par le conflit lui-même. Il s’agit probablement du point le plus important à retenir, les conflits et la situation géopolitique ne sont qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus large et plus complexe.
Il est important de distinguer les conflits géopolitiques des crises financières, car leurs effets sur les marchés sont différents.
Dans les deux cas, les marchés réagissent négativement à court terme. Cependant, lors d’une crise financière, comme en 2008, la baisse est plus profonde et durable, car c’est le fonctionnement même du système économique qui est affecté : le crédit se contracte, les entreprises sont fragilisées et les bénéfices chutent.
À l’inverse, un conflit géopolitique crée de l’incertitude, mais n’endommage généralement pas les fondements de l’économie mondiale. Les marchés ont donc tendance à se redresser plus rapidement une fois cette incertitude dissipée.
Autrement dit, toutes les crises ne se valent pas. Les crises financières sont généralement plus sévères, tandis que les chocs géopolitiques provoquent le plus souvent des perturbations de courte durée, comme l’illustre le graphique ci-dessous.
Croissance d’1$ investi dans les actions américaines depuis 1926
À ce stade, rien n’indique que nous soyons confrontés à une crise de nature financière.
Les replis sur les marchés sont monnaie courante, et les raisons de s’inquiéter ne manqueront jamais. Pourtant, sur le long terme, les actions finissent toujours par atteindre de nouveaux sommets, même si le parcours pour y parvenir est loin d’être linéaire.
La discipline consiste à accepter cette incertitude, non pas comme un risque à éviter, mais comme le prix à payer pour bénéficier du potentiel de rendement des marchés sur le long terme.
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